Verdir la dette

Nous sommes face à deux urgences : la crise économique et sociale, le défi écologique. Notre intérêt n’est pas d’y répondre séparément mais conjointement.

Le redémarrage économique impose de miser massivement sur la « croissance verte » : transports collectifs, isolation des logements, crédits d’impôts, bonus écologique, modulation de l’impôt sur les sociétés… C’était la direction du Grenelle de l’environnement, très insuffisamment mise en œuvre par le gouvernement.

Mais il faut aussi penser l’après-crise. Pour les besoins de la relance, de nombreux pays alourdissent leurs déficits. En 2009, la dette cumulée des Etats européens contractée pour faire face à la crise sera d’environ 120 milliards d’Euros. En France, la dette publique devrait dépasser 80% du PIB d’ici deux ans. Cela n’est pas soutenable sur le long terme.

Comment revenir à des finances saines sans obérer la croissance et en prenant en compte le défi environnemental ? Cet enjeu décisif se prépare maintenant. Je fais une proposition : verdir la dette. Que la France, avec ses partenaires européens, s’engage aujourd’hui à rembourser la dette due à la relance par des « revenus verts » : notamment ceux de la fiscalité écologique et de la mise aux enchères des permis d’émission de CO2.

Les marges de manœuvres existent : les « taxes vertes » représentent à peine 5% des recettes en France, contre plus de 10% pour le Danemark ou les Pays-Bas. Elles sont en baisse continue depuis 2002. Notre retard s’accentue. Nous pouvons, nous devons faire beaucoup mieux.

Le plan de « verdissement » de la dette pourrait prendre la forme d’un échéancier de remboursement, conditionné à l’évolution de la conjoncture -rembourser trop tôt freinerait la reprise- et à l’augmentation de la part des « revenus verts » dans la fiscalité des Etats. Cette stratégie présenterait plusieurs avantages : elle permettrait de réduire la fiscalité sur les ménages les plus modestes, sur le travail, sur l’innovation. Elle renforcerait la crédibilité de l’engagement des Etats à rééquilibrer leurs budgets. Elle amorcerait une véritable coordination européenne des politiques économiques en limitant la concurrence fiscale. Elle constituerait un levier puissant de coopération.

L’après Kyoto se décidera en décembre, au sommet de Copenhague. Pour la communauté internationale, c’est une occasion historique de répondre aux deux urgences de notre temps : l’enjeu de la ‘soutenabilité’ de notre modèle de développement rejoint celui de la ‘soutenabilité’ des finances publiques. A Copenhague, si la France et l’Europe jouent leur rôle, nous pouvons relever ce double défi.

33 Commentaires

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33 réponses à Verdir la dette

  1. Dupont

    Il ne faut pas oublier qu’en fin de compte les taxes, mêmes vertes, seront payées par le consommateur.
    Hors, il se trouve également que ce sont souvent les plus défavorisés qui achétent les produits les moins écologiquement corrects, pour des raisons de moindre cout à l’achat.
    Accroitre les taxes vertes présente donc le risque de faire peser lourdement cette fiscalité sur les plus défavorisés, ce qui n’irait pas dans le sens de plus de justice sociale.

  2. Excellente proposition, mais il serait bon que le PS réacclimate le concept de lutte des classes d’intérêt économique, -d’un point de vue réformiste-, car sinon la classe de tous les travailleurs va continuer à ne pas retrouver sa dignité et à préférer ou l’abstention résignée ou le battant Sarkozy qui lui au moins a l’oreille de ses maîtres (qui tiennent la bourse aux emplois !).

  3. Paul 64

    La croissance verte apparait être une nécessité de tous et de tous les jours, si l’évolution à venir du climat correspond à ce que les études actuelles tendent à démontrer. Aussi, il y a lieu de se montrer circonspect sur les mesures concrêtes prises pour essayer de remédier à ce dysfonctionnement. Tous les 10 ans, on couvre de béton et de bitume l’équivalant de la surface d’1 département français, parait-il. Qu’est-ce qui change dans notre façon d’occuper l’espace, dans les règlements d’urbanisme, en ce moment ? Rien. Du barratin et des lois, c’est tout : “La transposition des directives européennes en attendant la publication des décrets d’application au journal officiel et des directives d’accompagnement à l’usage des préfets et des sous-préfets”. L’action à la française. Et pendant ce temps, toujours plus de quartiers résidenciels, de routes d’accès, d’obligation de prendre la voiture pour gagner les centre-ville ou les parking des supermarchés, qui ne servent qu’au supermarché. Les changements de comportements liés à la crise climatique, c’est pour les autres. Je connais même une grande collectivité locale qui veut planter des arbres en Indonésie pour réparer les dégats causés par elle en émission de CO2 en France ! (j’ai lu un article qui expliquait qu’en fait, les forêts tropicales n’étaient pas des pièges à carbonne mais des puits à carbonne pour 2 raisons, le manque de lumière et l’âge des arbres qui fait qu’ils relâchent plus de carbonne dans l’atmosphère qu’ils ne produisent d’oxygène, sans parler du bois mort qui libère le CO2 en se décomposant. La destruction de ces forêts est nuisible sur le plan de la biodiversité mais pas de la productuion de CO2). Pourquoi ne pas se fixer une règle simple : quand je détruis un m2 d’espace vert, je met en place, sur le territoire de ma collectivité, 1m2 ou un m3 d’espace vert (à supposer qu’un bosquet d’arbre piège plus de CO2 qu’une pelouse, ce que j’ignore) . Il faut réfléchir à des solutions de type “toit végétal” partout où c’est possible, à la couverture végétale des espaces en terre nue, à l’extraction des arbres morts et au bon entretien des forêts (il parait que l’on importe du bois en France, alors même que la forêt des landes est par terre). Pourquoi ne se fixe-t-on pas ce genre d’objectifs, d’action à mettre en oeuvre rapidement, au niveau de chaque collectivité locale et de l’Etat, les collectivités de gauche montrant l’exemple ? Est ce que nous avons la capacité de mettre en oeuvre rapidement des mesures efficaces et concrêtes, comme ont su le faire nos ancêtres, dans un autre registre, pour vaincre le nazisme par le développement de technologies de pointe et une grande détermination permettant la remise en marche d’une puissante armée en 3 ans ? Nous pourrions organiser un “contre Grenelle” pour proposer des mesures concrêtes, un échéancier et une mise en oeuvre dans la foulée ?
    A propos, quel plan a été mis en place suite à la destruction de la forêt des landes en janvier, et où en est-on de son application ?

  4. AlainK

    De bonnes idées, mais encore une fois, à mon avis, c’est la classe sociale qui va être ponctionnée. Il faut trouver une solution pour que se soit les “pollueurs payeurs” Il ne faut pas, que cela se retourne, aussi, sur les collectivités locales, départemntales, au risque là aussi de pénaliser les plus petits citoyens. L’enlèvement du “paquet fiscal” est la plus belle erreur faites par Sarko et son clan… Pour remettre tout en amrche et amorcer le remboursement de la dette, il faut en premier faire payer ceux qui font des profits énorme sur le dos des ouvriers. Je pense que nous pourrons alors, tous ensemble rédémarrer l’économie et la croissance verte. Je ne suis pas en savant de la politique économique (Laurent tu sais de quoi tu parles) Mais je donne mon avis e citoyen de base
    @mitiés
    Alain

  5. Un peu d’écologie dans un monde de brut … sur les routes de l’Or noir !

    …………………………………………..

    Une alternative au modèle libéral de précarité généralisée est nécessaire !
    Dans cette optique, je suis partisan depuis de nombreuses années d’une économie sociale et écologique de marché régulée par la puissance publique, les syndicats et les associations de défense de l’environnement.
    Le premier qui a parlé de l’importance de l’écologie en matière économique au sein du Parti socialiste n’est autre que Laurent Fabius !
    Cette définition de notre rapport avec le marché est le contraire de la logique droitière prônant le libéralisme économique et le capitalisme financier.
    Il ne faut pas confondre économie de marché et capitalisme ; il peut y avoir du marché sans capitalisme.
    Les forces du marché doivent être encadrées, régulées, maîtrisées pour être au service du progrès social, culturel et démocratique.
    L’un des enjeux de l’économie future sera de réguler la production pour la rendre compatible avec les exigences écologiques.
    Cet enjeu exigera des quotas de production.
    La force démocratique de gauche – à contrario de toutes les autres composantes radicales – qu’est le Parti socialiste doit combattre, avec force, la soumission de la société et de l’économie toute entière à la seule logique financière et spéculative où la recherche des profits maximaux dans un temps minimal va totalement à l’encontre de la lutte contre les désordres écologiques et penser à la prochaine génération, celle de nos enfants et de nos petit- enfants, qui vivra l’ère de l’après pétrole.
    Pour eux !
    Modestement.
    Fabrice

  6. Paul 64

    Il y a une autre piste qui n’est plus explorée mais qui pourtant répond bien à l’enjeu : la nationnalisation / sanction judiciaire : en 1945, Renault a été nationnalisé pour sanctionner les propriétaires de l’entreprise qui avaient collaborés. L’irresponsabilité des entreprises capitalistes face à l’environnement écologique, social, politique, est total : la responsabilité d’une entreprise consiste à apporter des dividendes à ses actionnaires. Les amendes liées à leur agissement “délictuel” sont prévues dans la partie “risque et charge” de leur compte. Ne serait-il pas juste qu’une entreprise qui cause des dégats à l’environnement (dégats écologiques, voire sociaux en licensiant tout en garantissant de gros revenus à ses actionnaires ou en faisant travailler dans tel ou tel pays directement ou par la sous-traitance des enfants ou des prisonniers politiques, ou économique s’il y a fraude fiscale) puisse être sanctionné par la nationalisation de tout ou partie de ses actions ou de ses actifs sur le territoire national ? Celà permettrait de mettre ces sociétés et leur dirigeants (les actionnaires) face à leur responsabilité, garantirait par l’action de la jutice le droit de ces sociétés, permettrait aux états d’imposer la voie de l’intérêt collectif à long terme face à l’intérêt privé à court terme, et en plus, permettrait de réduire la dette des états ça rapporterait plus que les radars. Bien sur, c’est une idée socialiste, mais récement, les américains ont nationalisé des banques et des compagnies d’assurance, alors, we can do it…

  7. LEDRU François

    Ledru, Grenoble, d’abord assez d’accord avec “Dupont” et “K” les pauvres ne doivent pas payer ; au plan international, …Obama n’a pas ratifié Kyoto, eh oui.
    Moi le crypto marxiste je vais encore à des réu’ PS si c’est Benoit, à St Etienne j’ai rappelé à deux gars la mauvaise blague de “W” qui après l’avis d’urgence des savants avait dit “l’urgence est d’assurer à notre pays toute l’énergie dont il a besoin” mauvais pastiche injurieux de leur formule… quand les USA bougeront-ils ?

  8. Manuela Delahaye

    Toujours Sapir pour le meilleur : “Financière et économique, la crise est aussi sociale et écologique. Elle exige une redéfinition de la construction européenne. Pour ne citer que cet exemple, un vaste plan financé par l’emprunt en faveur du ferroviaire et de la rénovation thermique des bâtiments permettrait de concilier écologie et soutien à l’activité et à l’emploi. Mais les traités n’autorisent pas cette solution puisqu’ils interdisent à l’Union toute possibilité d’emprunt.

  9. Dupond

    À Dupont.
    C’est effectivement le risque, mais on pourrait imaginer une fiscalité différenciée.
    À titre d’exemple schématique : une progression de la fiscalité sur l’eau des particuliers qui tiendrait compte de la composition du ménage et/ou de son niveau de revenu. Elle autoriserait alors, une modulation de l’imposition du type, 0 euro sur les 20 premiers m3, 10 sur les 20m3 suivants, 30 pour 20m3 de plus, etc.
    Mais aussi, nous pourrions imaginer une taxe professionnelle amoindrie ou augmentée sur l’entreprise selon sa capacité à épurer ses effluents.
    Bref, élargir le périmètre de la taxe générale des activités polluantes et “verdir” du même coup notre fiscalité, sans globalement augmenter la part de l’impôt sur les revenus ou la production de richesse.
    Cette modification progressive des taxes ne serait ni sourde ni aveugle à la disparité des revenus des ménages ou du bénéfice des entreprises.
    En quelque sorte, elle intègrerait un bouclier social, mécanisme inverse au bouclier fiscal promu par les droites françaises.
    Sortons des fausses évidences de nos gouvernants actuels. Je dirai même plus Dupont, vous verrez, l’histoire montrera qu’ils défendaient un modèle passéiste avec le talent de ceux qui savent faire accroire.

  10. Certains à gauche pensent que l’Union de la gauche, comme la gauche plurielle, ne peuvent plus exister !

    Certains à gauche pensent qu’une Union PCF-PS serait morte née ; le PCF n’existant plus avec moins de 2 % des suffrages et le PS étant moins fort.

    Certains à gauche pensent qu’Olivier Besancenot, jeune facteur de division, récusera à tout jamais une alliance de gouvernement avec les autres forces de gauche or cet homme est un carriériste comme il y en a tant en politique. Peu importe les idées pourvu que la fonction s’y prête.

    Certains à gauche pensent que seule une alliance avec le Modem peut permettre l’alternance face au sarkozysme.

    A toutes ces personnes et sur tous ces thèmes, je réponds non.

    - Oui, une nouvelle Union de la gauche est possible. Si feue la gauche plurielle, une nouvelle alliance à gauche est concevable.

    - Si le PC est mort depuis dix années ; d’autres partis rénovateurs de gauche ont pris la place. Une stratégie nouvelle est donc faisable.

    - Ce n’est pas «l’alliance au centre» qui nous permettra de revenir au sein de l’exécutif présidentiel. C’est la constitution d’un espace politique, culturel et social neuf ; la grande coalition pour préparer l’après-Sarkozy.

    Une coalition, rassemblée, forte d’un projet de rupture avec le libéralisme où les forces écologistes, les socialistes de la première heure comme Jean-Luc Mélenchon, le PS sont représentées.

    Et pas d’une coalition arc en ciel, comme jadis en Italie, rassemblant la gauche… et pourquoi pas les partisans de François Bayrou, les gaullistes sociaux et républicains tentés par le revenant Dominique de Villepin. Et puis qui encore ?

    Arrêtons ces balivernes, ces fantaisies déplaisantes de tout genre.

    Rien n’est possible avec le Modem qui par le biais de son mentor poursuit d’autres rêves. Fantôme d’un passé révolu, le centre n’existe plus depuis VGE.

    Que le dernier livre de Bayrou soit un pamphlet critique du sarkozysme ; certes, je veux bien l’admettre.

    Qu’il se réfère à certaines valeurs humaines et sociales, cela ne souffre d’aucun doute encore que…

    Mais arrêtons de dire et d’écrire que depuis la présidentielle, Bayrou se situe dans l’opposition.

    Pour moi cela ne fait aucun doute que :

    François Bayrou vient de droite, il est de droite et il finira à droite…

    Mais tout de même, ce François Bayrou ; quel courage…

    Cet homme revient de loin !

    Infiniment.

    Fabrice

  11. En France, l’Europe est le principal pourvoyeur de la législation environnementale ; 80 % de celle ci provient du droit communautaire.

    Cet espace politique et géographique a donc un rôle prépondérant à jouer, pour nous faire émerger le moins mal possible et le plus rapidement possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués.

    Que l’on soit un pro ou un anti-européen, l’Europe conditionne notre avenir ; c’est à Strasbourg et à Bruxelles que se joue celui-ci.

    Dans une période charnière où l’humanité supporte, particulièrement avec les changements climatiques, la situation la plus complexe et la plus critique de son histoire, quelles réponses l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui avec Manuel Barroso peut elle proposer aux uns et aux autres ?

    Une question fondamentale, la croissance est-elle la solution ou le problème à la crise que nous traversons ? La croissance verte est-elle la solution miracle à nos problèmes ?

    Pour être franc et en l’état actuel des choses, j’en doute.

    La vertu première de l’Europe était d’enraciner les peuples dans la paix ; avec le vingt et unième siècle, nous sommes passés au braquet supérieur où la régulation et la sobriété deviennent une exigence pour garantir la paix… économique et sociale.

    L’économie doit évoluer pour ne plus seulement attribuer de la valeur à l’argent et aux biens matériels mais aussi et surtout au respect et à la dignité de l’Homme et de la Nature.

    Devant cet impératif, le poids de l’Europe est essentiel mais pas l’Europe aux fondements incurablement ultralibéraux ; une Europe au fondement social écologique !

    Infiniment

    Fabrice

  12. François Mitterrand était un Européen convaincu qui avait forgé sa vision en souvenir de la seconde guerre mondiale. Ses relations avec Helmut Kohl dénotait un lien très étroit pour le rapprochement franco allemand : discours sur les euros missiles au Bundestag, cérémonie à Verdun, acte unique, lancement de l’Euro à Maastricht, etc.

    Jacques Chirac était lui un Européen paresseux, mou ; c’est en partie les raisons du « non » au référendum du 29 Mai 2005.

    Dans la deuxiéme semestre de l’année 2008, la France a accéder à la présidence du conseil de l’Union européenne, sans avoir respecté la parole de Jacques Chirac concernant la promesse d’un retour à la stabilité des finances publiques d’ici 2010.

    Les six mois de présidence dénotent la démagogie européenne de Nicolas Sarkozy qui consiste à flatter – laisser croire – promettre tout en sachant qu’on ne pourra pas tenir ses promesses car le cadre institutionnel est d’une grande rigidité mais avec ce tout petit président que nous avons « tout est possible »…

    Unité internationaliste !

    Fabrice

  13. A l’heure où la crise économique est profonde, où le chômage n’en finit pas de monter et où nul n’est en mesure de prévoir la sortie de la crise ; logiquement, ses deux années de pouvoir auraient dû se solder par un vote sanction d’une forte ampleur. Sauf que. Les visages de l’antisarkozysme sont multiples et trop nombreux pour être menaçants. A gauche, une kyrielle de partis si groupusculaires soient ils les uns que les autres essaient de contrer le Parti socialiste. A droite, François Bayrou essaie de brouiller les cartes. De vote défouloir, le scrutin peut devenir pour Nicolas Sarkozy un vrai tremplin dans sa soif de gagner les élections régionales de 2010. Le Parti socialiste se doit d’être en phase avec son électorat.

    Un vote défouloir d’ampleur tel cas de figure doit se produire le 07 Juin 2009.

    La lutte continue !

    Infiniment.

    Fabrice

  14. Que je me plais à redécouvrir ou à découvrir certaines citations; celle ci ” La raison, c’est l’intelligence en exercice ; l’imagination c’est l’intelligence en érection.” émanant d’un des esprits les plus brillants du XIX siècle : Victor HUGO.

    ………………………

    La crise ; cette crise tant redoutée que le gouvernement nous affirmait, tel Tchernobyl, qu’elle ne nous affecterait pas est finalement arriver depuis quelques mois avec comme principaux enseignements que :

    Les régions françaises sont inégales face à la crise ; la Franche-Comté, l’Alsace, la Haute-Normandie ou le Pas-de-Calais souffrent plus que les autres au cours de cette crise ; qui ne fait que commencer…

    Cette incidence tient à deux critères : d’une part la proportion de l’industrie, particulièrement sensible à la crise, dans le PIB de la région et ensuite le potentiel de croissance de cette dernière.

    L’industrie manufacturière (-3,4% prévus en 2009, selon l’Insee) et la construction (-3,6%) seront les plus touchées par la crise tandis que la valeur ajoutée produite par les activités de services ne reculerait que de 0,1%, celle des administrations croissant de 1,8%.

    Une telle hypothèse conduirait, en partant d’une récession de 1% sur l’ensemble de la France, à un recul du PIB de 2,4% pour la Franche-Comté, région la plus industrielle du pays, où le secteur automobile est monopolistique. La spécialisation industrielle de la région Franche Comté expose tout particulièrement à la crise.

    Cette infamie que je décrie tant s’est décuplée, il y a quelques semaines ; les habitants de nos villes, de nos départements, de nos régions auront besoin de toutes les forces actives … de gauche !

    J’en appelle donc à un Grenelle de l’Humanisme pour lutter contre toutes les formes d’exclusion et de parcimonie où l’Homme redeviendra le fondement de nos pensées.

    Infiniment.

    Fabrice Frichet

  15. pat

    avec toi laurent nous disons non au demantelement des services publicsen europe et en france . Nous refusons de nous associer a une opposition caouthouc du modem , nous relevons la rose

  16. le curieux

    A l’approche des européennes, on mesure à quel point tout se tient dans cette Europe antisociale. Des hommes compétents disent que la crise n’est pas une fatalité. Beaucoup (même à droite) ont des solutions, partielles, mais qui ont le mérite d’éxister. Seulement, il y a Bruxelles, sa Commission, et tout ce que cela implique de magouilles et de corruption. Des mesures sensées et efficaces peuvent être mises en application dès maintenant. Encore faut-il inverser la tendance, d’abord au Parlement européen. Je propose d’expliquer, expliquer encore et encore aux français, lassés de recevoir des coups, saôulés d’intox quotidienne, qu’ils ne doivent pas tomber dans le piège: les allusions continuelles sur les médias à un soi-disant désintérêt des français pour le vote sont de la désinformation. En réalité, il semble au contraire que les intentions de voter soient en progression.
    Ce blog ne servant pas seulement à épancher des états d’âme, il serait bon de produire plus de propositions.

  17. Le terme « Etat fort » est revenu à la mode depuis l’effondrement des banques à la fin de l’année 2008 ; il aura fallu un désastre économique mondial pour comprendre qu’une activité économique laissée au libre jeu de ses acteurs peut dérégler le système.

    Face au krach économique que nous vivons, aujourd’hui, plusieurs remarques me viennent à l’esprit :

    · la première est que la liberté laissée par l’Etat à la finance a été paradoxale alors que les Etats ont continué de contrôler et mesurer les autres secteurs économiques !

    · Cette liberté paradoxale, dont a joui la planète finance, appelle une deuxième remarque. Une activité économique laissée libre de s’autoréguler tend à collectiviser les pertes et à individualiser les profits – par exemple la crise des subprimes est née parce que les établissements qui attribuaient des crédits immobiliers, à des ménages insolvables, pouvaient repasser le risque – soigneusement dissimulé – à d’autres : la titrisation. Cette hyper-individualisation des comportements, cette perte de vue de l’intérêt général est une caractéristique propre aux organisations mafieuses !

    · Troisième remarque, chaque fois que le droit commun cesse de fonctionner sur une zone économique ou sociale donnée ; les valeurs, qui s’y développent, finissent par déstabiliser le reste du corps social et détourné l’élite intellectuelle, des grandes écoles – des universités, vers les métiers de la finance. En France, quand le pouvoir délaisse les banlieues, la culture des mafias et l’intégrisme religieux peuvent s’y développer.

    La crise financière représente ainsi un moment clé pour repositionner l’action de l’Etat. La difficulté essentielle sera d’universaliser le droit, au plan national comme au niveau international, sans pour autant brider la liberté ni l’initiative individuelle.

    Infiniment.

    Fabrice

  18. pat

    hi mr fabius,
    je vous remercie encore une fois de nous permettre de participer via votre blog a la renovation de la gauche, en effet , aujourd’hui je souhaites vivement vous voir au travers de votre experience ,etc— demander officielement au gouvernement chinois de faire pression à la coréé du NORD qui joue avec la paix en ASIE ; la chine est aussi ménacée indirectement , pas seulement la corée du sud ou le japon, deuxiement je desapprouve en ce jour toute forme d’alliance subjective avec le modem , c’est ne pas un parti serieux sans blague , à mon avis c’est un club qui vise seulement à demolir le ps et prendre la place de la gauche en 2012 ALORS SI ON AIME SON PARTI . ON NE PEUT PAS ACCEPTER CA . MEME SI SARKOZY EST DE DROITE. JE NE SAURAIS VOIR UN CANDIDAT MODEM REPRENDRE LE PS .PAS JUSQUE LA . L INVERSE EST VRAI PARCEQUE LE PS REPRESENTE LA GAUCHE . VOILA OU NOUS AMENE LA CAMPAGNE DE SEGOLENE EN 2007 ET MR HOLLANDE EN 2009 . ILS ONT MALHEUREUSEMT AIDER MR BAYROU A VOLER LES VOIX DE LA GAUCHE. ALORS MR . FABIUS VOUS QUI AVAIT ENCORE LES GENES DE GAUCHE . L HERITAGE DE MITTERAND . DES COMBATS DU PS . DITES A TOUS . LE PS NE PAS A VENDRE. NOUS NE VENDRONS PAS NOTRE DROIT D ‘AINESSE.QUE LE MODEM RETOURNE A DROITE OU AU CENTRE MAIS PAS A GAUCHE . EN FRANCE LA GAUCHE N ‘EST PAS LE MODEM .MERCI

  19. Madame, Mademoiselle, Monsieur,

    La crise économique frappe durement notre pays et elle n’épargne pas notre territoire. Salariés, artisans, PME, fonctionnaires, retraités, jeunes : nous sommes tous touchés. Dans ce contexte, l’élection européenne du 7 juin est essentielle. Elle concerne directement notre quotidien. C’est pourquoi je vous appelle à y participer.

    Voter socialiste le 7 juin, c’est voter pour l’emploi, pour le pouvoir d’achat et pour la défense des services publics. Avec les élus socialistes du département du Doubs, nous nous mobilisons tous les jours à notre niveau. Le 7 juin, donnons les moyens aux socialistes de mettre la même énergie au Parlement européen pour conduire cette politique.

    Voter socialiste le 7 juin, c’est apporter des réponses concrètes à la crise. Dès le lendemain de l’élection européenne, nos députés européens, s’ils sont majoritaires, mettront en place un plan de relance d’un montant de 100 milliards d’Euros. Ils créeront 10 millions d’emplois dans la « croissance verte », dans les transports, dans la construction et dans les énergies renouvelables. Ils imposeront un salaire minimum dans tous les pays afin d’arrêter la concurrence entre les travailleurs des pays européens. Ils voteront un bouclier social pour mettre fin aux délocalisations. Ils voteront une directive pour protéger et développer les services publics.

    Voter socialiste le 7 juin, c’est rendre le changement possible avec une nouvelle majorité au Parlement européen. Voter pour une autre liste, c’est contribuer à laisser la droite majoritaire. Si le vote de gauche est éparpillé, la droite sortira renforcée.

    Voter socialiste le 7 juin, c’est s’opposer à la droite, qui ajoute l’injustice à la crise : bouclier fiscal pour les riches, taxes médicales pour les malades, fermetures de classes, refus d’empêcher les licenciements boursiers, reculs du droit du travail et des salaires. Si l’UMP arrive en tête, elle dira que les Français soutiennent sa politique et elle l’aggravera. Il faut donc marquer un coup d’arrêt en plaçant les socialistes le plus haut possible.

    Telles sont les raisons qui me conduisent à vous demander de soutenir la liste du Parti Socialiste conduite dans notre région par Catherine Trautmann.

    Le 7 juin prochain, votons socialistes.

    Je vous remercie par avance et je me tiens à votre disposition.

    Recevez, Madame, Mademoiselle, Monsieur mes sentiments chaleureux,

    Mr Frichet Fabrice
    Mandataire, pour l’élection européenne, de
    Catherine Trautmann sur le département du Doubs

  20. Lors de la campagne présidentielle, en 2006, Nicolas Sarkozy avait pompeusement proclamé lors de son discours de Cotonou qu’il était temps de nouer avec l’Afrique «une relation nouvelle […] débarrassée des scories du passé» s’engageant dés lors à rompre avec les mauvaises habitudes de la Françafrique.

    Or il faut bien le dire, nos relations avec les chefs d’Etats africains n’ont pas changés. Nos contacts avec Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang Nguema n’offre aucune de cette promesse de transparence…

    Le président Sarkozy n’a plus les mêmes priorités que le candidat à l’Elysée.

    Après plus de deux ans de pouvoir, la rupture avec la Françafrique n’a toujours pas eu lieu et n’aura vraisemblablement jamais lieu ; les tournées du Président sur le continent africain marquant surtout la signature de contrats commerciaux.

    Business as usual, telle est la devise de Nicolas Sarkozy !

    L’argent a un quelque chose de vicelard qui exècre.

    Fabrice

  21. Bonjour,

    Voilà un texte qui articule des concepts politiques qui il y a peu étaient séparés et déconnectés d’un programme politique que vous dessiné et qui me paraît être celui du candidat de 2012 : l’économie, le social et l’écologie enfin portés par un socialiste.

    Merci.

    Hakim

  22. le curieux

    Attention à ne pas retomber dans le travers consistant à mener campagne surtout vis-à-vis des militants! Tenir des discours brillants, c’est bien, mais l’électorat, c’est aussi les sympathisants, qui, passablement déboussolés par les errements du parti, et ayant redonné (timidement) leur confiance au PS, ont besoin que l’on s’adresse à la gauche, mais plus génériquement aux citoyens! Les ténors du parti donnent de la voix, c’est très bien. Mais dans la dernière ligne droite, il faut en appeler à tous les français. Et leur marteler que pour que ça change, encore faut-il agir! Et en premier lieu, voter aux européennes. Cela va sans dire, mais tellement mieux en le disant!

  23. Cette campagne européenne n’a jamais pris de hauteur. Elle s’est enfoncée, jour après jour, dans un marasme politique nationale intolérable. La faute en revient d’abord à François Bayrou. Le leader du Modem pouvait répondre de manière pugnace aux piques lancées contre lui par Daniel Cohn-Bendit.

    Homme de hautes ambitions, François Bayrou a visé en bas de la ceinture. Il ne s’est pas grandi.

    L’enjeu européen méritait une vraie campagne digne de l’Europe.

    Étonnamment, c’est au moment où le Parlement européen prend de l’importance qu’il suscite une indifférence massive.

    On ne peut pas se passionner pour l’Union européenne seulement quand il y a référendum. C’est l’intérêt de tous ceux qui veulent une société moins dure et moins injuste.

    On les trouvait, avec toutes les nuances nécessaires, sur les listes de l’opposition, du centre gauche à la gauche radicale.

    Qu’on y songe pour les élections futures…

    Erreur civique.

    Toute cette campagne européenne a été une erreur civique.

    Maintenant, l’heure n’est pas à une alliance avec le Modem mais à une refondation complète de notre idéologie. Pour cela, je renouvelle ma confiance à Martine Aubry.

    Place à 2011…

    Amitiés sincéres

    Fabrice

  24. castellano

    J’avais prévenu le 1° juin…

  25. Quelles conséquences pour le PS !
    …………………………………….
    Deux jours après le scrutin européen, la question qui taraude le Parti socialiste est simple.
    Quels dégâts laisseront cette élection dans la tête des Français après le calamiteux congrès de Reims, en novembre ?
    En affichant jusqu’à l’écœurement de nos leurs divisions ; avec cette élection, nous avons touchés le fond.
    Il était illusoire de penser que quelques mois suffiraient à Martine Aubry pour redorer dans l’opinion l’image du Parti socialiste.
    A juste titre, la première secrétaire revendique d’avoir remis sa formation à la tâche et promet d’en apporter les premières preuves dans quelques semaines.
    Le travail effectué en début d’année sur le contre-plan de relance pour sortir de la crise économique a donné des gages de la crédibilité de nos propositions.
    Mais les électeurs sont des gens pressés, surtout quand ils se sentent socialement fragilisés.
    Cette élection européenne est arrivée trop tôt.
    Donnons du temps à notre Première secrétaire nationale.
    Fabrice FRICHET

  26. La frappe, le roulage, le traitement thermique, le zinguage et le conditionnement sont les cinq étapes dans la fabrication des produits de la société GFD. Dans cette optique qualitative ; pour cette entreprise, la fabrication demande toujours plus de performance.
    Les deux usines de fabrication de GFD implantées à l’Isle sur le Doubs (25) et à St Etienne (42) bénéficiaient jusqu’alors d’un parc machine constamment renouvelé pour garantir la productivité et la performance des produits.
    L’usine GFD de l’Isle sur le Doubs fabriquait uniquement de la visserie et produisait notamment les marques VBI(r) et VBA PLUS(r).
    Les machines de fabrication de ce site permettaient une production journalière de 12 millions de pièces.
    L’usine GFD de St Etienne, quant à elle, produisait de la boulonnerie et notamment la marque HEXA TECH(r).
    Les trois centres de distribution ; de Barcelone (Espagne), de Paris (75) et de Bourogne (90), quant à eux, sont de véritables interfaces commerciales et logistiques pour le continent européen.
    Il y a quelques mois ; avec plus de 7 000 tonnes de produits en stock, ces centres de distribution permettaient de livrer plus de 20 camions par jour.
    La souplesse dans la façon dont leurs dirigeants leurs ont proposés les trente cinq heures, la grande rigueur et la réactivité dont les employés de l’entreprise GFD de l’Isle sur le Doubs ont démontrés ont été les principaux atouts de la logistique de cette entreprise.

    Ces qualités ont permis aux dirigeants de cette entreprise de répondre à toutes les demandes dans les plus brefs délais et dans des conditions optimums de réussite.

    Or ce lundi 15 Juin 2009, lors d’un comité extraordinaire ; le cadre responsable du site de l’Isle sur le Doubs a exposé aux salariés le souhait de sa direction de fermer les portes de ce site spécialisé dans le fortage et le décolletage et dont la moyenne d’age de ces salariés est de cinquante ans.

    Des mesures de reclassement déguisées sont proposées aux 43 salariés de l’entreprise dans deux autres sites du groupe à St Etienne et à Bourogne, dans le Territoire de Belfort.

    La municipalité de l’Isle sur le Doubs, dont je suis élu, a réagi activement en dénonçant cette mesure privant les salariés d’un outil de travail qu’il alimente pour certains depuis plus de quarante ans.

    Je suis… Nous sommes de tout cœur avec eux et nous ne les laisserons pas tomber !

    Infiniment.

    Fabrice

  27. Le maire d’Evry, Manuel Valls, pense que le Parti socialiste doit changer de nom et déclare : “Parti renvoie à la lutte d’une classe contre une autre et socialiste renvoie à un projet hérité du XIXe siècle.”

    Même son de cloche chez son homologue, la jeune députée de Moselle et candidate ratée au européenne sur la grande région Est Aurélie Filippetti : “Il faut changer de nom. Trouver quelque chose avec “à gauche”.”

    Alors depuis quelques semaines déjà ; je dirais même depuis quelques moi, plus exactement depuis l’entre deux tours des élections présidentielles, je cherche.

    D’abord, qu’est-ce qui pourrait remplacer le mot “parti” ?

    Les termes “union”, “mouvement”, “rassemblement” ou “front”. Non c’est déjà pris.

    Ensuite il faudrait remplacer le mot “socialiste” mais là moins de problèmes.

    Puisque Sarkozy se déclare être un descendant de Jaurès. Le mot socialiste n’a plus de sens …

    Alors comment satisfaire ces deux personnalités très médiatiques ?

    Tout simplement en redevenant socialiste alors oui à un « grand front de gauche » !

    Ou sinon nous passeront vite l’arme à gauche.

    Infiniment

    Fabrice

  28. Anonyme

    Taxe carbone / TVA sociale : même assiette ?

    Les résultats des verts aux élections européennes ont été considérés par le chef de l’Etat comme une fenêtre d’opportunité pour travailler l’acceptabilité du sujet “contribution climat-énergie”, dans la perspective de la conférence de consensus de juillet prochain.
    Ce nouveau dispositif fiscal, dont M. Rocard s’est fait le porte-drapeau, risque-t-il d’avoir, au final, le même impact sur le prix des produits de consommation courante que la TVA sociale, que vous avez contribué à faire tuer dans l’oeuf ?

  29. Le résultat de l’élection présidentielle iranienne a reconduit l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad.
    Une large majorité de soupçon de fraude flotte sur cette élection.
    Une grande partie du peuple iranien manifeste massivement depuis quelques jours contre ce déni de démocratie et contre cette fraude qui, de toute évidence, n’a rien de marginale.
    Le comportement du régime iranien qui a consisté à truquer les résultats du scrutin puis ensuite à arrêter les opposants et à réprimer dans le sang ceux qui ont le front de résister est intolérable.
    La protestation iranienne n’est pas une fiction de démocrates mal informés. Elle est réelle !
    Une génération nouvelle d’Iraniens et d’Iraniennes exige de ses dirigeants qu’ils appliquent les principes qu’ils proclament eux-mêmes.
    C’est bien une révolution qui secoue aujourd’hui l’Iran.
    Autre sujet d’actualité plus locale, la mobilisation aux salariés de GFD dans facebook ne feint pas et je m’en félicite d’en être l’animateur !
    Une autre révolution va maintenant secouer les cadres dirigeants de l’entreprise GFD et du groupe Fontana.
    Fabrice

  30. Encourager la démographie, investir pour épargner et la monnaie africaine commune dès aujourd’hui, sont quelques idées à rebrousse poil de Désiré Mandilou.

    « L’Afrique subsaharienne est globalement sous-peuplée. Sur 342 000 km2, soit l’équivalent de la superficie du Japon, le Congo Brazzaville compte moins de 5 habitants au km2 contre 584,7 pour le Japon. »

    Le titre de l’ouvrage, L’économie de partage en Afrique, indique certes une approche originale de l’intégration en Afrique, sujet rabâché s’il en est. Mais Mandilou n’a pas manqué d’audace et a donc bousculé plein d’idées reçues. Aura-t-il convaincu ?

    D’emblée, il campe son choix dans le débat sur le développement du continent. « Deux scénarios se profilent pour l’avenir immédiat. Le premier est celui du chacun pour soi, avec le risque de confrontation agressive des modèles nationaux de développement. Le second, plus optimisme, verrait coexister pratiques de gouvernance normalisées et différences culturelles. Cela supposerait pour l’Afrique entière, une mise en commun des ressources rares, des dettes, des financements, des processus de production, des gains de productivité, bref l’émergence d’une véritable économie de partage ».

    Le livre ambitionne, rien moins que de montrer « comment sortir les Africains de [leurs] conditions infrahumaines ».

    « Le tam-tam fait beaucoup de bruit mais il est vide » rappelle-t-il pour qualifier le débat sur l’intégration en Afrique dont nul ne connait le modus operandi. Il se charge d’en proposer un à travers les trois défis que le continent doit relever : la stratégie économique, le financement de cette stratégie et les institutions.

    Demande intérieure

    L’Afrique doit asseoir sa stratégie économique sur la demande intérieure puisqu’elle ne saura pas reproduire l’expérience asiatique d’une croissance tirée par les exportations. Aussi bouscule-t-il un sacré tabou en affirmant qu’il faut encourager la croissance démographique en Afrique parce que « le développement n’est que le produit de transformations institutionnelles et technologiques induites par la pression démographique … L’Afrique subsaharienne est globalement sous-peuplée. Sur 342 000 km2, soit l’équivalent de la superficie du Japon, le Congo Brazzaville compte moins de 5 habitants au km2 contre 584,7 pour le Japon. » La question démographique ne peut toutefois ignorer que l’augmentation de la population influe négativement sur la qualité de la vie, dans un premier mouvement s’empresse-t-il de préciser. C’est la sphère informelle, « réaffirmation en milieu urbain du lien villageois fondamental : la solidarité », qui constitue la réponse à cette interpellation.

    Monnaie africaine

    Continuant à faire preuve d’audace, Mandilou propose un modèle pour la monnaie africaine. Il affirme que le projet unitaire africain repose sur l’intégration monétaire. Pour lui, la monnaie ne parachève pas un processus de convergence mais bien au contraire l’impulse. « La monnaie commune africaine est techniquement et politiquement réalisable dès aujourd’hui. »

    Politiquement, parce que les pays conservent leur monnaie nationale et il n’y a aucune perte souveraineté. Mais comment une monnaie africaine peut-elle coexister avec des monnaies nationales ? L’auteur explore de nouveaux sentiers. Plus qu’une monnaie, il s’agit de l’existence parallèle de plusieurs monnaies. La monnaie nationale pour les transactions nationales et la monnaie africaine pour les transactions en Afrique et en dehors. Elle est un prolongement du paiement en monnaie nationale.

    Partage

    « L’enjeu de civilisation pour l’Afrique consiste donc, non à essayer vainement d’appliquer les recettes des experts occidentaux, mais à inventer un modèle de développement dans lequel le bien public, le lien social tiendra en respect l’inégalité créatrice du capitalisme. » C’est cela l’âge du partage, comme dans la civilisation bantoue où « est riche, celui donne plus que les autres et non celui qui possède plus ».

    Mais comment financer l’économie ? C’est l’investissement qui crée l’épargne et non l’épargne qui permet l’investissement. Il fait appel à l’exemple japonais où « c’est l’investissement qui lui a permis d’avoir le plus fort taux d’épargne de l’OCDE et non l’inverse ».

    L’avenir de l’Afrique s’annonce à haut risque mais peut lui être opposée la volonté s’incarnant dans l’acceptation de la Communauté africaine des paiements comme la première étape vers l’unification de l’Afrique. Sinon « cette seconde mondialisation ressemblera alors à la première ; également aliénante, également riche d’esclaves africains dans ses cales ».

    Désiré Mandilou a publié dans la collection Economie plurielle à l’Harmattan, un livre bien dans l’originalité qui caractérise les responsables de la collection, Henry Panhuys et Hassan Zaoual. Mandilou est justement docteur en sciences économiques de l’université de Lille ou enseigne le Marocain, Zaoual.

  31. L’annonce de la direction de la société GFD de proposer des mesures de reclassement « déguisées » aux 43 salariés de l’entreprise dans deux autres sites du groupe à St Etienne et à Bourogne est un coup de tonnerre pour les salariés, leurs familles et la Mairie de l’Isle sur le Doubs d’autant que l’histoire de cette entreprise est gravée dans l’identité locale. Le rassemblement de soutien aux salariés de gfd l’Isle sur le Doubs en date du samedi 27 Juin 2009, dont je me satisfais d’être l’initiateur, a démontré, s’il le fallait, que la population l’isloise, la population du canton ainsi que les élus locaux de toutes tendances politiques confondues ont réagis activement, et en nombre (les premiers chiffres oscillent entre 400 et 500 personnes), en dénonçant cette mesure privant les salariés d’un outil de travail qu’il alimente pour certains depuis plus de quarante ans.

    Lorsqu’une entreprise licencie car sa situation économique ne peut pas se prévaloir d’une telle disposition ; nous pouvons malheureusement … le comprendre. Mais : A ce jour et au vu des informations possédées par les centrales syndicales, rien ne permet de penser que le souhait de fermer les portes de ce site spécialisé dans le fortage et le décolletage soit de raison strictement économique !

    D’autant plus que l’entreprise GFD a versé des primes d’intéressement à ses salariés au cours de l’année 2008 (cf. : mes propos relatés dans l’Est républicain du samedi 27 juin 2009)… Ces suppressions de postes « déguisées » traduisent avant tout la volonté de GFD et de son actionnaire unique, le groupe FONTANA (leader européen de la fabrication de boulons standards), de maintenir la profitabilité financière du groupe, au détriment de l’emploi.

    On ne peut que constater que GFD a pipé les « sacro saintes » règles économiques en annonçant la suppression du site de l’Isle sur le Doubs, et annoncera malheureusement et sans équivoque dans un futur proche la mise en œuvre de plan de licenciement aux ouvriers ne souhaitant pas quitter leurs lieux de vie, ALORS que la Région Franche Comté a formulé des contre-propositions de manière à conserver la totalité des emplois. Denis Sommer (Maire de Grand-Charmont – Vice Président du Conseil régional en charge de l’économie) nous en a encore, aujourd’hui, exposé la teneur.

    Les contre-propositions du Conseil régional représentent des avancées économiques et sociales majeures pour les deux parties, c’est à dire pour le salarié et pour l’entrepreneur. Celles ci ont montré leurs preuves au sein de la région française la plus touchée par la crise économique actuelle, la région Franche Comté, et au sein du territoire géographique de cette région le plus touché par cette même crise, le Pays de Montbéliard, ce qui démontre la qualité du programme micro économique proposé ! Ces contre-propositions passent par le biais de plan de formation conduisant à élever le niveau de qualification des salariés et en même temps à réduire la masse salariale de l’entreprise, par le biais de l’ouverture à de nouveaux marchés, et enfin par la recherche de site de 5 à 6 000 m² au lieu des 13 000 m2 actuels pour réduire les couts de fonctionnement.

    Enfin, comme Denis ; je partage la conviction ultime que le canton de l’Isle sur le Doubs fait parti inhérent du Pays de Montbéliard et donc de sa Communauté d’Agglomération… Pour continuer ce billet de fin de soirée, je me suis aussi largement reconnu dans les propos tenus par Martial Bourquin (Sénateur – Maire d’Audincourt) car comme lui, je constate que la fermeture du site de l’Isle sur le Doubs a été décidée sans aucun dialogue préalable avec les salariés ou leurs représentants syndicaux.

    Claude Jeannerot (Sénateur – Président du Conseil général du Doubs) a soulevé un point important que j’avais soulevé au sein de ce même blog et parallèlement sur facebook au sein du profil du comité de soutien aux salariés de gfd que je pilote ; face à cette attitude délinquante intolérable pour une entreprise dans une démocratie comme la notre, les élus de notre territoire doivent demander à l’Etat de faire preuve de la plus grande vigilance dans l’application des mesures de reclassement annoncées. Pour terminer sur un point de vue de politique nationale, cette annonce est une preuve supplémentaire et dramatique de la destruction du tissu industriel local et par la même du tissu industriel français qui sont gravement menacés et qui risquent d’être durablement déstructurés sans une intervention rapide et massive de l’Etat. Cette annonce de quitter le berceau de cette entreprise, et avant elle de son ancêtre Japy, est une preuve irréfutable que la région Franche Comté est très durement touchée par la crise !

    Pour conclure ; cette annonce est, enfin, un démenti cinglant aux déclarations récentes du Premier ministre sur l’entrée de la France dans « l’après-crise » et au propos du Président de la République lors du congrès de Versailles le lundi 22 juin 2009. Enfin, pour terminer ; je remercie chaleureusement le représentant des salariés de l’entreprise gfd pour son mot sur le soutien procuré sur la « net sphère » (internet, blog, facebook).

    Celui ci en ces moments délicats, très prenants et très solidaires pour toutes les parties fait du bien à entendre ! Infiniment.

    Fabrice.

  32. juaio

    Georges Pompidou etait salarié de la banque Rothschild :D epuis 1973 la France s’est interdite de créer la monnaie dont elle a besoin pour combler ses propres déficits, que ce soit en fonctionnement (salaires et retraites des fonctionnaires, loyers, etc.) ou en investissements pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hopitaux, bibliothèques, etc..) mais s’est obligée à emprunter sur les marchés monétaire en émettant des obligations (bons du Trésor) sur lequel évidemment elle doit payer un intérêt à ceux qui souscrivent (40% du montant par des résidents, 60% par des non-résidents), ce qui a pour conséquence, comme nous l’avons vu plus haut, qu’au fil des années la dette s’alourdit d’un montant sensiblement égal au “déficit”, qu’il faut couvrir par l’emprunt, c’est-à-dire par l’émission d’obligations nouvelles auprès du public et surtout des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc).

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