Le hasard des visites a voulu que, à quelques jours d’intervalle, je séjourne à Washington puis à Pékin. Les impressions et les messages sont nombreux. Quelques lignes sur quatre d’entre eux.
A Washington, dans l’agenda international, une préoccupation domine tout, “l’Afpak” : comprenez l’Afghanistan et le Pakistan. L’Irak, l’Iran, le conflit israélo-palestinien, la Corée du Nord, constituent certes des questions majeures. Mais les talibans en Afghanistan, et surtout leur avancée à proximité d’Islamabad, l’emportent sur tout le reste. Il faut dire que, lorsqu’on examine les faits, à savoir le bourbier afghan, plus le désastre pakistanais, plus la possession par Islamabad de l’arme nucléaire, plus le désarroi des politiques, l’alarme est fondée. Elle devrait l’être aussi pour l’Europe, qui doit attacher à l’Afpak plus d’attention que des slogans tout faits.
A Pékin, il se confirme que, au moment de la présidence française de l’Europe, nous avons manqué une exceptionnelle occasion de développer le partenariat euro-chinois. La présidence Bush était finissante, l’autorité de Barack Obama pas encore affirmée, et voilà qu’au lieu de nouer des projets ambitieux et concrets entre l’Europe et la Chine, M. Sarkozy a pataugé. Les Chinois ont la mémoire longue et n’acceptent pas de perdre la face. Résultat : on parle de plus en plus à Washington et même à Pékin d’un G2, une alliance Chine-Amérique qui aborderait les grands problèmes du monde, alors que ceux-ci sont tous de nature multipolaire et que la Chine revendique précisément une approche de ce type. Il est temps de dire les choses clairement : les problèmes multipolaires ne se règleront pas dans un G2. Encore faudrait-il que l’Union Européenne croie à ses propres atouts et les mette en valeur.
A cet égard, vue de Washington comme de Pékin, la position monétaire de l’Union Européenne est incompréhensible. Nous devrions être les premiers à proposer une réforme du système monétaire international actuel, qui fait la part belle à la domination du dollar et au dumping monétaire. Il est absurde que l’Euro, deuxième monnaie de réserve du monde, n’ait pas de représentation propre au FMI alors que des pays qui n’ont plus de monnaie spécifique (l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Italie, etc.) continuent, eux, de disposer d’un quota. Proposons de regrouper notre représentation européenne et de réduire nos quotas nationaux. Proposons qu’avec les quotas ainsi rendus disponibles, on traite mieux les grands pays émergents dont la Chine et l’Inde. Proposons qu’aucun pays ne puisse plus au FMI disposer – c’est le cas des Etats-Unis – d’une minorité de blocage. Bref, proposons d’aller peu à peu vers un système monétaire vraiment multipolaire. La grande crise financière n’est pas séparable des désordres monétaires. Guérir celle-là exige de s’attaquer à ceux-ci. L’Europe – et la France – devraient porter sur le fond ces propositions d’action.
Quant à la crise elle-même, la différence de perception entre nos continents saute aux yeux. Pessimisme en Europe, interrogations aux Etats-Unis, optimisme en Chine où la croissance cette année atteindra plus de 6%. S’il est vrai que l’économie est pour l’essentiel de la psychologie, alors la reprise viendra d’abord de Pékin et de Washington. Ceux que j’ai rencontrés la situent au mieux fin 2010, au pire en 2013. Préparons-nous donc à des mois difficiles et essayons de faire en sorte que l’Europe soit davantage présente.




Nous retrouvons, relativement au FMI, l’analyse que L.Fabius avait faite précédemment, avant ses visites aux USA et en Chine. Preuve qu’il est clairvoyant, lui.
S’agissant du Pakistan, les alliés savent depuis un moment que le nouveau pouvoir joue double jeu. Mais, tout aussi inquiètant, le silence sur les événements tels que la destruction de 200 véhicules des alliés, sans coup férir, sans défense, sans pertes pour les Talibans. Ou le fait que le gouvernement Pakistanais ait autorisé les Talibans à instaurer des tribunaux islamiques dans plusieurs zones. Ou que les Talibans puissent investir des villes à 100km d’Islamabad sans réaction du pouvoir pakistanais. Je ne parle pas du bourbier afghan, où nos soldats risquent leur vie pour une cause que Obama va sans doute rendre obsolète. Est-il utile que la France, si désargentée, verse des aides financières considérables au Pakistan?
Je propose que ces sujets soient évoqués à l’Assemblée, car ils sont d’une importance et d’une gravité qui demande des réponses claires. Les citoyens doivent être informés.
Un peu d’écologie dans un monde de brut … sur les routes de l’Or noir !
…………………………………………..
Une alternative au modèle libéral de précarité généralisée est nécessaire !
Dans cette optique, je suis partisan depuis de nombreuses années d’une économie sociale et écologique de marché régulée par la puissance publique, les syndicats et les associations de défense de l’environnement.
Le premier qui a parlé de l’importance de l’écologie en matière économique au sein du Parti socialiste n’est autre que Laurent Fabius !
Cette définition de notre rapport avec le marché est le contraire de la logique droitière prônant le libéralisme économique et le capitalisme financier.
Il ne faut pas confondre économie de marché et capitalisme ; il peut y avoir du marché sans capitalisme.
Les forces du marché doivent être encadrées, régulées, maîtrisées pour être au service du progrès social, culturel et démocratique.
L’un des enjeux de l’économie future sera de réguler la production pour la rendre compatible avec les exigences écologiques.
Cet enjeu exigera des quotas de production.
La force démocratique de gauche – à contrario de toutes les autres composantes radicales – qu’est le Parti socialiste doit combattre, avec force, la soumission de la société et de l’économie toute entière à la seule logique financière et spéculative où la recherche des profits maximaux dans un temps minimal va totalement à l’encontre de la lutte contre les désordres écologiques et penser à la prochaine génération, celle de nos enfants et de nos petit- enfants, qui vivra l’ère de l’après pétrole.
Pour eux !
Modestement.
Fabrice
Afpak : ces deux Etats partagent le point commun de ne pas être nés autour de nations et de n’avoir jamais réussi à en bâtir une. Le Pakistan réunit des régions que presque tout séparait, sur la base de la seule religion. L’Afghanistan est l’ancienne zone tampon entre les aires d’expansion russe et anglaise.
L’explosion de violence actuelle est la conséquence à la fois de ce vide identitaire et de la géopolitique brouillonne de l’Occident, qui n’a cessé de soutenir des alliés douteux dans les deux pays.
Je suis d’accord sur le fait que cette zone est la principale menace actuelle pour la paix. L’état-major pakistanais est noyauté par les intégristes. Le coup d’état est peut-être déjà inévitable. Et ce serait une catastrophe.
Sans effectuer ce double voyage,il est évident pour quiconque s’interesse à l’Histoire,que ce siècle serait d’abord celui d’un duopole,pour finir par un monopole celui de la Chine.Napoléon l’avait prédit lorsqu’il énonçait: ” la Chine est un géant qui dort, malheur à nous lorsqu’il se réveillera “.Or le voilà bien réveillé, fort de sa multitude humaine,aussi intelligente que dure au travail.Ayant visité l’arc Pacifique,j’ai été frappé par l’importance économique des émigrés chinois.De San-Francisco à Vancouver,de Cairns à Sydney,ils sont omniprésents, super actifs,ignorant tout horaire d’ouverture des magasins.Même chez nous les restaurants maghrebiens,tellement nombreux, il y a encore 10 ans,ont été remplacés par des chinois.C’est pourquoi, pour ses 8 ans, j’ai offert à un petit-fils,des leçons hebdomadaires de Mandarin.En 8 ans il a appris la langue:demain ce sera un
sésame aussi indispensable pour réussir que l’anglais aujourd’hui.
bonsoir mr fabius,
je partages avec vous l’idée de voir le fmi être reformé ainsi que le travail en commun de la chineamerique, par contre je vous prie de bien vouloir faire pression auprès du gouvernement chinois pour exiger à la Corée du nord d’arreter de menace la paix en asie ,…nous vous encourageons a poursuivre votre combat pour faire gagner la gauche
bonsoir mr fabius,
je partages avec vous l’idée de voir le fmi être reformé ainsi que le travail en commun de la chineamerique, par contre je vous prie de bien vouloir faire pression auprès du gouvernement chinois pour exiger à la Corée du nord d’arreter de menace la paix en asie ,…nous vous encourageons a poursuivre votre combat pour faire gagner la gauche
(hello , mbote en lingala), bonjour Mr fabius,
je viens par ce billet vous prier d’etre encore une fois notre porte parole auprés de l’UE par rapport au continent africain , c’est vrai que les usa et la chine doivent marcher ensemble …. en plus de l’UE , mais n’oublier pas l’afrique mr fabius,s’il vous plait , la verdisation de l’economie mondiale aura besoin de l’afrique , …secundo ,je viens au travers de vous lancer un appel au gouvernement tchadien et aux rebelles enfin de priviligier la paix , la vie , que l’afrique cesse avec des coup d’etats qui ne font que retarder son developpement , mr fabius vous qui connaissait bien ce continent et qui vous etes battu contre l’apartheid en afrique du sud , faites de la lutte contre l’oubli de l’afrique votre bataille , merci
Le projet d’un centre fort autonome ainsi que l’ambition présidentielle de François Bayrou ne connaissent pas la crise.
Hier complice de Daniel Cohn-Bendit, le voila aujourd’hui suscité l’intérêt d’un ressuscité en politique, Dominique de Villepin, qui se reconnaît avec lui des valeurs communes sans oublier certains à gauche qui verraient bien en lui un partenaire alors qu’il s’agit d’un concurrent. (http://fabricefrichet.unblog.fr/2009/04/20/dans-lombre-nul-besoin-de-se-deguiser-il-ne-suffit-que-de-savoir-y-demeurer/ )
Il agace pire il inquiète… A mon avis : à juste raison.
David aura toujours raison contre Goliath et le rebelle contre le pouvoir.
A contrecœur, fidélité mitterrandienne oblige ; force est de constater que dans son approche politique des années à venir, François Bayrou s’inspire, selon toute évidence et vraisemblance, du « Coup d’état permanent » – virulent pamphlet antigaulliste – entrepris par François Mitterrand en 1964.
Cela ne souffrant d’aucun détail ; les brûlots contre un président qui « conduit la France vers un modèle dont elle ne veut pas » pourraient en témoigner.
En 1965, suite aux divisions de la gauche, François Mitterrand s’était imposé – seul contre tous – comme le seul candidat capable de faire vaciller le Général De Gaulle à l’élection présidentielle.
Lors de l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou a manqué de réussir la même prouesse.
Il rêve du pouvoir mais aussi de pouvoir dire : « L’opposition, c’est moi ! », face à « L’Etat c’est moi » de l’hyper président Nicolas Sarkozy.
Outre leurs prénoms, le mimétisme ne s’arrête pas là…
Lorsque l’un – François Mitterrand – conversait avec les arbres, l’autre – François Bayrou – parle avec les chevaux.
Bayrou a enfilé les bottes de Mitterrand mais il n’en a pas la pointure !
Fidélité mitterrandienne.
Fabrice
Avec l’OTAN…
Le Grand marché transatlantique:
L’Union Européenne se prépare à imposer, à l’insu des peuples européens, un « Grand marché transatlantique » pour 2015, avec une recommandation d’exécution anticipée à 2010 pour les services financiers et les marchés de capitaux.
En effet, le 26 mars 2009, le Parlement Européen a signé une résolution visant à « Faire en sorte que les générations présentes et futures continuent d’être engagées dans ce partenariat » avec les Etats-unis. (Partenariat qui n’est autre que le « Grand marché transatlantique »).
Ce partenariat doit toucher des domaines tels que: « les services financiers, les marchés des capitaux, l’aéronautique, l’économie digitale (vie privée, sécurité, droits de propriété intellectuelle), la politique de concurrence et la coopération en matière de régulation ».
Il vise à « instaurer la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et des personnes ».
Il doit prendre effet dès que le « traité de Lisbonne sera définitivement adopté ».
Les signataires de cette résolution sont le PPE ( Parti Populaire Européen, regroupant les Droites européennes, et dont l’UMP de Nicolas Sarkozy fait partie), l’ELDR (Libéraux démocrates européens, c’est-à-dire, les différents partis centristes européens, dont le Modem de François Bayrou), le PSE (Parti Socialistes Européens, dont les Socialistes français sont membres). Seuls les députés de la GUE (Gauche Unie Européenne, dont les députés communistes français sont membres), et les Verts s’y sont opposés. (Mais GUE et Verts sont très minoritaires au Parlement Européen).
C’est dire l’importance de l’élection européenne du 7 juin prochain!
Si nous laissons le champ libre à tous partis les signataires de ce grand projet de « marché transatlantique », c’est-à-dire à tous les partisans de la « concurrence libre et non faussée » , (PPE,
donc UMP, PSE, donc PS, ELDR, donc Modem), notre NON à l’Europe libérale de mai 2005 n’a plus aucun sens.
Si nous les laissons faire, nous serons, de plus, totalement soumis à l’hégémonie américaine… d’autant que l’entrée de la France dans l’OTAN (faite dans notre dos, sans notre accord par Nicolas Sakozy) ajoute une dimension militaire et stratégique à la dimension économique de ce « grand marché transatlantique ».
L’histoire de cette coopération (US/UE) n’est pas nouvelle. Dans le passé, les tentatives américaines n’avaient pas manqué, et ce, dès le début de la « guerre froide », mais le Général De Gaulle, ou Mendès France, tout comme François Mitterrand ou le groupe communiste s’y étaient, à l’époque, opposés.
Ainsi, en octobre 1966, De Gaulle avait déclaré : « Certains, s’exaltant au rêve de l’Internationale, voulaient-ils placer notre pays, comme eux-mêmes se plaçaient, sous l’obédience de Moscou. D’autres, invoquant, ou bien le mythe supranational, ou bien le péril de l’Est, ou bien l’intérêt que pourrait trouver l’Occident atlantique à unifier son économie, ou bien encore l’utilité grandiose d’un arbitrage universel, prétendaient-ils que la France laissât sa politique se fondre dans une Europe fabriquée tout exprès, sa défense dans l’OTAN, sa conception monétaire dans le Fonds de Washington, sa personnalité dans les Nations Unies, etc. Certes, il est bon que de telles institutions existent et nous pouvons avoir quelque intérêt à en faire partie, mais si nous avions écouté les apôtres excessifs, ces organismes où prédominent _tout le monde le sait _ la protection politique, la force militaire, la puissance économique, l’aide multiforme des Etats-Unis, ces organismes n’auraient été pour nous qu’une couverture pour notre soumission à l’hégémonie américaine.
Ainsi, la France disparaîtrait, emportée par les chimères ». (Conférence de Presse à l’Elysée, du 28 octobre 1966).
Si les responsables politiques, de gauche comme de droite, avaient su, durant plusieurs décennies, conserver l’indépendance vis à vis des Etats-Unis, les événements se sont accélérés depuis 1995 pour aboutir à ce projet finalisé de « grand marché transatlantique ».
Dans la situation présente, nous serons, grâce à (ou plutôt, à cause de) l’impéritie de certains de nos élus, dans la situation que redoutait le Général De Gaulle, soumis à plus ou moins brève échéance, à l’hégémonie américaine, esclaves de l’Amérique. (L’exemple des totalitarismes imposés aux pays d’Amérique du Sud durant la période 1960-1970-1980 ne doit jamais être occulté, ni la difficile émancipation que leurs peuples sont en train de mener).
S’il nous reste encore une solution, c’est celle de ne pas permettre à l’UMP, au Modem, au PS, d’être majoritaires, une fois encore, une fois de trop, lors de ces prochaines élections européennes. C’est aussi, par un vote massif contre tous ceux qui sont responsables de la situation de crise actuelle, montrer que nous existons en tant que Peuple citoyen et responsable, c’est enfin, désavouer massivement la politique (tant intérieure qu’extérieure) de Nicolas Sarkozy.
Si nous voulons que le traité de Lisbonne soit de nouveau soumis à un référendum populaire, il nous faut choisir nos députés européens parmi ceux qui se revendiquent du Front du NON de 2005. Ceci permettra que ce fameux traité ne puisse être appliqué, que le « grand marché transatlantique » qui lui est corrélé devienne caduc, ceci permettra de ménager notre indépendance nécessaire vis à vis des Etats-Unis.